Les Chenilles processionnaires

Les chenilles processionnaires, reconnaissables à leur déplacement caractéristique en longue file indienne, constituent aujourd’hui un risque sanitaire avéré pour l’homme et les animaux domestiques, ainsi qu’un facteur de déséquilibre écologique pour les forêts françaises

un danger urticant pour la santé et la biodiversité

Les chenilles processionnaires, reconnaissables à leur déplacement caractéristique en longue file indienne, constituent aujourd’hui un risque sanitaire avéré pour l’homme et les animaux domestiques, ainsi qu’un facteur de déséquilibre écologique pour les forêts françaises.

Leur aire de répartition s’étend progressivement en France, notamment en raison du réchauffement climatique, ce qui impose une vigilance accrue et une bonne connaissance des dangers associés à leur présence.

Biologie et cycle de vie : deux espèces distinctes

Les chenilles processionnaires sont les larves de papillons de nuit appartenant à la famille des Notodontidae. En France, deux espèces principales sont concernées, avec des cycles biologiques différents.

La processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa)

  • Espèce la plus répandue en France
  • Cycle automne → printemps
  • Les œufs éclosent en fin d’été
  • Les chenilles se développent dans des nids soyeux visibles dans les pins, cèdres ou parfois sapins
  • Au printemps (généralement entre février et avril selon les régions), les chenilles quittent l’arbre en procession pour s’enfouir dans le sol, où elles se transforment en chrysalides avant l’émergence du papillon adulte en été
Chenille processionnaires frelon la reine
Image Frelon la Reine

La processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionea)

  • Cycle printanier et estival
  • Présente principalement sur les chênes
  • Les chenilles restent sur l’arbre durant tout leur développement
  • Les nids sont plus discrets, souvent situés sur les troncs ou les grosses branches
  • Les poils urticants persistent longtemps dans l’environnement, même après la disparition des chenilles
Nid avec chenilles processionnaires
Image par Marc Pascual de Pixabay

Les risques pour la santé humaine et animale

Le principal danger est lié aux poils urticants microscopiques (appelés soies urticantes), présents à partir du troisième stade larvaire.

Caractéristiques des poils urticants

  • Contiennent une protéine toxique appelée thaumétopoéine
  • Très légers et cassants
  • Peuvent être transportés par le vent sur plusieurs dizaines de mètres
  • Restent actifs plusieurs mois, voire plusieurs années, dans l’environnement (sol, végétation, nids abandonnés)

Chez l’homme

Les symptômes varient selon la sensibilité individuelle et le niveau d’exposition :

  • Dermatites urticantes avec rougeurs, démangeaisons intenses et plaques
  • Conjonctivites, inflammations oculaires
  • Irritations des voies respiratoires (toux, gêne respiratoire)
  • Plus rarement : réactions allergiques sévères, œdèmes, voire troubles respiratoires nécessitant une prise en charge médicale

Chez les animaux domestiques

Les chiens sont particulièrement exposés lors de promenades :

  • Contact fréquent par léchage ou morsure
  • Atteinte de la langue, des babines ou de la truffe
  • Risque de nécrose tissulaire, de salivation excessive, de difficultés respiratoires
  • Le pronostic vital peut être engagé sans prise en charge rapide

Toute suspicion de contact nécessite une consultation vétérinaire immédiate.

nid chenilles processionnaires
Image par Hans de Pixabay

Comment se protéger et réagir ?

La prévention reste le moyen le plus efficace de limiter les risques.

Mesures de prévention

  • Ne jamais toucher les chenilles, les nids (même anciens) ou les arbres infestés
  • Éviter les zones à risque lors des périodes de procession
  • Porter des vêtements couvrants lors des promenades en zones boisées
  • Ne pas se frotter le visage ou les yeux après une exposition possible
  • Laver soigneusement les fruits, légumes et surfaces extérieures
  • Éviter de faire sécher le linge à proximité d’arbres infestés

En cas d’exposition

  • Se doucher immédiatement et changer de vêtements
  • Consulter un médecin en cas de symptômes persistants
  • Contacter un centre antipoison si nécessaire
  • Appeler le 15 en cas de détresse respiratoire

Pour les animaux :

  • Ne pas manipuler la gueule ou la langue
  • Consulter un vétérinaire en urgence

Moyens de lutte : une gestion encadrée et collective

Il n’existe pas de solution unique permettant d’éliminer durablement les chenilles processionnaires.

La lutte repose sur une combinaison de méthodes, adaptées à la situation et à la période de l’année.

Lutte mécanique

  • Échenillage (coupe des nids)
  • Méthode efficace mais dangereuse
  • Réservée aux professionnels équipés de protections adaptées

Lutte biologique

  • Utilisation de Bacillus thuringiensis
  • Bactérie spécifique des larves de lépidoptères
  • Traitement préventif appliqué sur le feuillage
  • Méthode ciblée et respectueuse de l’environnement

Piégeage

  • Écopièges installés sur les troncs
  • Capturent les chenilles lors de leur descente au sol
  • Réduction significative de la population locale

Favoriser les prédateurs naturels

  • Installation de nichoirs à mésanges
  • Préservation des chauves-souris
  • Contribution à une régulation naturelle des populations

Les chenilles processionnaires représentent un enjeu sanitaire, environnemental et écologique réel. Leur gestion nécessite une information claire, des gestes de prévention adaptés et des interventions professionnelles encadrées.
Face à leur progression sur le territoire, la vigilance collective reste indispensable.

FAQ

Qu’est-ce qu’une chenille processionnaire ?

Une chenille processionnaire est la larve d’un papillon de nuit.

En France, on rencontre principalement la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) et la processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionea).

Le danger provient des poils urticants microscopiques, qui peuvent se disperser dans l’air.

Ils peuvent provoquer des réactions cutanées, oculaires ou respiratoires chez l’homme, et une prise en charge rapide est recommandée en cas de symptômes importants.

Le risque dépend de l’espèce et de la région.

La processionnaire du pin est particulièrement à risque lors des processions au printemps, tandis que la processionnaire du chêne expose plutôt en fin de printemps et en été.

Il est conseillé de se doucher rapidement, de changer de vêtements et d’éviter de se frotter les yeux.

En cas de symptômes persistants ou de gêne respiratoire, il faut contacter un professionnel de santé ; en cas d’urgence respiratoire, appeler le 15.

Nous assurons des interventions d'urgence 7j/7 et 24h/24 en saison.

logo certibiocide agrée par l'état

Découvrez nos autres articles